Chrome

Voilà Chrome 14 !

Un post du Google Chrome Blog annonçait vendredi dernier la disponibilité de la version 14 de Chrome.

Outre le colmatage de nombreuses failles de sécurité non critiques, cette itération apporte comme nouveautés majeures la gestion de l’API Web Audio d’une part, mais surtout l’intégration de la technologie Native Client.

  • API Web Audio: Du bon son directement dans Chrome

Passons rapidement sur l’API Web Audio qui a été proposée le 24 mai 2010 par le W3C pour compléter la balise <audio> du HTML5. Grâce à elle, les développeurs peuvent proposer des effets sonores riches dans leurs applications web, sans exiger de l’utilisateur l’installation d’un quelconque plugin. Christophe en avait parlé dans un post en février et voilà ce standard désormais intégré dans notre navigateur préféré.

  • Native Client: Une petite itération pour Chrome, un grand pas pour les web apps

Chrome 14 inclut également Native Client (NaCl pour les intimes) et c’est un très grand pas en avant. Cette technologie open-source permet de construire des applications web capables d’exécuter du code natif compilé côté client, écrit par exemple en C++, alors qu’elles se limitaient jusqu’à présent à du code interprété, écrit en Javascript. A ceux qui s’intéressent à la différence fondamentale entre ces 2 types de langage, je recommande ce court article.

Voilà qui étend encore un peu plus les capacités de Chrome sans pour autant compromettre son dispositif de sécurité. Le code compilé dans un fichier .nexe est scrupuleusement inspecté afin de s’assurer qu’il ne contienne aucune instruction lui permettant de sortir de la NaCl sandbox pour aller corrompre le système.

A l’usage, nous pouvons nous attendre dans un premier temps à pouvoir profiter de certains vieux programmes célèbres au travers de Chrome (cela a surtout un intérêt pour Chrome OS). J’ai par exemple testé Epic Pinball à partir du site NaClBox. Ce jeu tourne bien, sans trop de ralentissement et avec le son d’origine. Au démarrage, on peut lire le message d’information « NaClBox Downloading Game File… » traduisant sûrement le téléchargement préalable du fichier .nexe sur l’ordinateur. Le code C++ des applications existantes sous Windows peut donc être repris partiellement pour être porté en applications web.

NaCl ouvre plus généralement la voie à une nouvelle génération de web apps combinant HTML, Javascript et C++ là où chaque langage est le plus efficace. Techniquement, je n’y connais pas grand chose, mais je peux imaginer Google Spreadsheet exploitant cette nouvelle technologie à bon escient par exemple.

Dans le domaine du multimédia, les codecs nécessaires à la lecture de formats spécifiques sont envoyés directement par l’application à nos Chromebooks.

Grâce à NaCl, les web apps peuvent échanger des données cryptées entre le client et le serveur, ce qui donne un peu plus de poids à Chrome dans le monde professionnel.

Si comme moi vous souffrez parfois d’insomnie, prenez alors le temps de regarder l’atelier Google I/O 2011 sur le sujet. C’est absolument soporiphique  :lol:. On y apprend que le code compilé avec NaCl s’exécute aussi bien sur les architectures x86 d’Intel (les Chromebooks actuels) que sur les SoC ARM (les prochains Chromepad?). Le compilateur fournit 3 fichiers .nexe, pour les processeurs x86-32bits, les x86-64bits et les ARM. Chrome télécharge alors automatiquement le bon fichier en fonction du processeur de votre ordinateur.

La technologie n’introduit donc pas de fragmentation au sein de Chrome OS. C’est excellent! Pour aller encore plus loin dans l’ubiquité, Google serait en train de développer Portable Native Client (dit PNaCl) qui compilerait le code en un seul fichier bytecode interprétable par la machine virtuelle open-source LLVM (Low Level Virtual Machine). Suivant le même principe que Java et sa JVM, un fichier bytecode compilé via PNaCl pourra s’exécuter sur toute machine équipée de LLVM.

  • Chrome 14: Une version majeure

Avec ce module supplémentaire, Chrome entame sa mutation du navigateur vers une véritable machine virtuelle dédiée aux web apps. Il peut maintenant aller jusqu’à titiller des plateformes RDA (Microsoft Silverlight, Adobe AIR ou encore Oracle JavaFX). Quant à Chrome OS, il combat désormais dans la même catégorie que Windows et MacOS. Il faut maintenant attendre les premières applications web tirant partie de Native Client, sans quoi tout cela reste théorique.

A ceux qui veulent tester les liens que j’ai mis dans ce post, n’oubliez pas d’activer le « chrome://flags » Native Client après avoir mis à jour votre navigateur favori. Oui, étrangement, la fonctionnalité est désactivée par défaut.

A propos de l'auteur

Christophe

Passionné de high-tech et fasciné par Google, ce blog est un "laboratoire" permettant de m'exprimer sur les différents services et produits de Google, en premier lieu les chromebooks et les appareils Nexus

9 commentaires absolument uniques ont été postés à ce jour

  • C’est uniquement pour la version « navigateur » actuellement apparemment. En tout cas chez moi, Chrome OS est toujours en version 13, et la recherche manuelle de mise à jour ne donne rien.
  • Jérémie, tu as raison de le préciser, les versions sur Chrome OS arrivent toujours après les versions du navigateur. C’est systématique.
    Souvent, j’oublie de le préciser (enfin Yvan pour le coup lol).
    Pour le vérifier, c’est très simple, il suffit de regarder dans quelle catégorie l’article a été publié. Ici, c’est la catégorie Chrome, sinon, ça aurait été placé sur Actualités. Voili voulou !
  • Beuh… j’ai pas (encore) de Chromebook moi! Et puis le blog de Google dit que c’est dispo sur toutes les plateformes… Si même Google ne considère pas Chrome OS comme une plateforme Chrome :)…

    Cela dit, c’est logique, Windows restant l’OS le plus répandu, c’est normal qu’il reste le premier servi.

  • En même temps, Google n’est pas très transparent là dessus. Il y a les channels: Dev, Beta et Stable. Puis les plateformes: Windows, MacOS, Linux, Chrome OS mais aussi Chrome Frame. Et encore, j’imagine qu’il y en a pour Windows XP, Windows 7, Mac OS Leopard, Mac OS Lion… Tant d’effort pour conquérir le monde :p…
  • Non, tu ne m’as pas compris, les deux systèmes, navigateurs et OS, ont un cycle de release identique. La seule différence, c’est que la mise à jour de Chrome OS sort toujours après la mise à jour de Chrome.
    Mais nous avons toujours la version stable N, la beta N+1, et la version de développement N+2. Nous allons juste avoir la version de Chrome OS mise à jour à J+6 à 15 jours (enfin, à peu près).
    Quelque part, c’est normal, Chrome OS demande une adaptation supplémentaire du fait que c’est un OS. Il y a donc des couches supplémentaires à intégrer.
      Yvan je ne suis pas allé vérifié directement sur le blog de Google, mais ce que tu dis m’étonne, il y a toujours des articles distincts entre chrome os et chrome. Ce qui est vrai, c’est que beaucoup de personnes font l’amalgame.
    Pour info, ma version de Chrome OS actuelle qui ne tourne qu’en version stable est la suivante:
    Google Chrome 13.0.782.220Google Chrome OS 587.135 (Official Build) stable-channel x86-alex_heMicrologiciel Alex.03.61.0735.0056G3.0021
  • Eh bien le lien qui liste les « failles de sécurité non critiques » dirige vers le blog Google Chrome Releases qui dit « The Chrome Stable channel has been updated to 14.0.835.163 for all platforms.  »

    Enfin bon, on va pas trop se formaliser là-dessus. Après tout, je crois qu’on est bien placé pour comprendre que poster avec précision sur un blog est un sport qui demande beaucoup d’entrainement et j’imagine qu’Antony Laforge a autres choses à faire que publier des release notes :D.

  • Yvan merci, tu as fait la recherche pour moi !!! lol
    Toutes les plateformes, ils parlent des OS Windows Apple et Linux.
    Pour les releases de chrome os, il est bien indiqué « chrome os ».
    Là, il s’agit bien de chrome stable channel et non chrome os chanel.

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